Cluster 12

Dynamiques sociales et territoriales

Exclusions et intégration

Espaces et modes de vie

Les doctorants et docteurs

Cette page présente les thèses financées par le Cluster 12.

 

Année 2009

 

Droit(s) fragile(s). Un dispositif psychosocial d'expérimentation des rapports dynamiques entre droit et pauvreté
Arnaud Béal (Nikos Kalampalikis et Nicolas Fieulaine, EPIC, Université Lyon II)

Le projet de thèse se base sur les apports essentiels des travaux récents en sciences humaines et sociales, et notamment de la psychologie sociale, pour penser les nouvelles configurations excluantes, sous l'angle du droit et de la pauvreté. Partant du constat partagé du risque et des effets de la stigmatisation des populations vulnérables face au droit, nous interrogerons les injonctions paradoxales dont les populations fragiles font l'objet, intériorisation d'un statut disqualifiant tout en le revendiquant pour s'en affranchir. A cette fin, nous proposons d'étudier de l'intérieur de leur lieu de production, circulation et diffusion de la logique de ces représentations fragilisées dans leur rapport au droit. Une des hypothèses est que les dynamiques de vulnérabilisation se jouent dans les parcours effectués de l'une à l'autre des facttes du droit (civil, social). L'objet est d'explorer les rapports entre les transformations du droit, les changements dans les conceptions du droit et les appropriations actives de nouvelles catégories juridiques, en s'appuyant sur le questionnement d'une certaine homologie entre les catégories émergentes du droit.

 

La mutation des politiques de l’emploi face au défi communautaire : Une approche comparative (Espagne, France, Irlande, Pays-Bas)
Mehdi Arrignon (Sabine Saurugger, UMR PACTE, IEP Grenoble)

L’objectif de la recherche est de comprendre comment se construisent et se réforment les politiques de l’emploi dans le contexte d’une gouvernance multi-niveaux. Entre les initiatives régionales pour l’emploi et la formation, les politiques nationales de lutte contre le chômage et les « stratégies européennes pour la croissance et l’emploi », des ingénieries sociales et économiques se construisent, se complètent mais entrent également en concurrence pour définir des mesures de politiques de l’emploi cohérentes et légitimes. La recherche doctorale aura pour ambition de répondre à la problématique suivante : dans un système politique complexe dans lequel se partagent les compétences et les initiatives, quelles institutions disposent du pouvoir d’orientation et de détermination des décisions ? La méthodologie s’appuiera sur l’étude de traces écrites et sur des entretiens semi directifs menés dans une perspective comparative.

 

L’action publique en matière de maladie d’Alzheimer. Analyse de la dynamique des acteurs et de l’organisation territoriale de la prise en charge
Audrey Ralay-Ranaivo (Monika Steffen et Alain Franco, UMR PACTE, IEP Grenoble)

Ce projet ouvre une thématique nouvelle, centrée sur les populations en perte d’autonomie : personnes âgées dépendantes et patients atteints de la maladie d’Alzheimer dont le nombre croît de façon importante. La prise en charge de la dépendance constitue un enjeu majeur – économique, médical et politique –, en France comme dans l’ensemble des pays européens.
Ce nouveau domaine ne relève pas principalement de l’action sociale ou humanitaire (contrastant ainsi avec les sujets traités antérieurement), mais implique la recherche scientifique, l’innovation technologique et la modernisation institutionnelle. Les enjeux se posent en termes de concurrence économique, d’arbitrage politique et de partenariat public-privé. La prise en charge de la dépendance questionne la solidarité intergénérationnelle, le rôle de la famille, le travail des femmes, le travail au noir, la décentralisation des compétences et l’organisation des dispositifs d’intervention. Les collectivités locales et les Régions sont directement concernées par la planification et le financement des services à domicile et en établissement.

 

La managérialisation de l’hôpital : le plan hôpital 2007
Renaud Gay (UMR PACTE, IEP Grenoble)

En reconstruisant la genèse des politiques hospitalières et du plan hôpital 2007, il s’agit de mettre en lumière les conflits et les conditions sociales et économiques ayant présidé à l’avènement de tels choix. Faire une socio-histoire des réformes hospitalières revient à reconstituer et rendre compte du processus de managérialisation frappant les établissements de santé depuis plus de vingt ans. Par le détour historique, il est avant tout possible de mettre en lumière les éventuels écarts entre les intentions initiales des acteurs et les résultats de l’action. Qui sont les acteurs portant ce projet de réforme de l’hôpital? Dans quelles institutions, services de l’Etat les trouvons-nous? Qui sont, en somme, les “promoteurs” de la managérialisation des établissements de santé? Comment interviennent-ils? On peut supposer que les promoteurs doivent trouver des “porteurs” de mise en œuvre des réformes: qui sont-ils? Dans quels intérêts agissent-ils? De plus, les réformes managériales s’inscrivent dans une logique marchande. Les principes du marché semblent être distillés au sein du système de santé français.

 

L’obligation d’information des justiciables sur leurs droits
Hélène Colombet (Isabelle Sayn et Pascal Ancel, Université Lyon II)

Le projet de thèse se propose de s’interroger sur l’un des aspects du comportement de ces interlocuteurs à partir des règles de droit qui le prévoient : laissant de côté l’aspect individuel du non recours, le projet se consacre à son aspect institutionnel et se donne pour objectif d’analyser la place donnée à l’obligation d’information des justiciables sur leurs droits dans le processus d’accès aux droits, obligation d’information imposée à leurs interlocuteurs.
L’hypothèse de ce projet est que l’obligation de délivrer une information sur les droits a pour objectif de protéger la partie présumée faible dans la relation juridique, en lui fournissant les éléments d’information qui lui sont nécessaires pour faire valoir « ses droits ». Cette hypothèse sera vérifiée à partir de la recherche et de l’analyse des textes en vigueur, au moins dans les domaines du droit évoqués et plus largement si une extension s’avérait opportune. Elle pourra être complétée par la recherche et l’analyse des supports utilisés par les débiteurs de l’obligation d’information pour transmettre l‘information sur les droits, dans l’un des domaines du droit évoqués. Cet aspect de sociologie du droit permettra de mieux connaître, sur un domaine particulier, les modalités de transmission des informations soumise à obligation.

Analyse expérimentale des ressources humaines des travailleurs immigrés
M'Hamed Helitim (Jean-Louis Rullière et Ragan Petrie, GATE, Université Lyon II)

La question de l’intégration des travailleurs immigrés fait l’objet d’un nombre considérable d’études et de publications en économie mais qui généralement concerne l’approche macroéconomique. Bien peu d’études traitent en revanche avec une perspective de microéconomie appliquée, la question de la discrimination en matière d’immigration.
La description du projet de thèse comprend les éléments suivants :
Développement d’un modèle de tournois avec discrimination positive à partir en particulier du résultat originel de Schotter et Weigelt (1992).
Développement d’un protocole expérimental en s’inspirant de l’approche similaire de Gneezy, Niederle et Rustichini (2003) et de Niederle Segal Vesterlund (2008), sachant que ces travaux expérimentaux concernent, à la différence du sujet de l’immigration, les effets de genre dans un modèle de concurrence.
Cette série d’expérimentations se réalisera en grande partie sur le terrain (field experiments). Ce choix est motivé par le fait que des travaux expérimentaux récents montrent que les résultats acquis en laboratoire expérimental avec des participants décontextualisés sont moins robustes que ceux délivrés par des expérimentations de terrain. La mise en œuvre sera cependant assez complexe car nous allons faire appel à des travailleurs dans le secteur du bâtiment qui auront le même niveau de formation et de rémunération et avec une partie des participants étant des autochtones tandis que les autres participants seront issus d’une immigration récente (inférieure à 5 ans).

 

Année 2008

 

Les Conditional Cash Transfer Programs : Naissance et développement d’une technique incitative de lutte contre la pauvreté en France et aux Etats-Unis
EIisa CheIIe (UMR PACTE, IEP Grenoble)

Les Conditional Cash Transfer Programs sont des dispositifs visant à réduire la pauvreté. Nés dans les pays en voie de développement (notamment Mexique et Amérique latine), ils ont été développés aux Etats-Unis dans une ville comme New York, et commencntà poindre en France à trvers l’idée de conditionnalité e ades allocations familiales lancée par Nicolas Sarkozy en 2005. Le principe de ces programmes tient dans le versement conditionnel d’aides sociales aux familles défavorisées. La contrepartie attendue se situe dans l’adoption de certains comportements (concernant l’éducation, la santé, la discipline, et pourquoi pas le vote…). Le but affiché est de rendre attractifs des comportements qui aideront ces familles à sortir de la pauvreté. C’est l’expérimentation sociale que représente la mise en oeuvre des Conditional Cash Transfers Programs que cette thèse se propose d’analyser en enquêtant de part et d’autre de l’Atlantique sur les réseaux académiques et politiques qui la défendent. L’idée est de s’interroger sur les fondements de cette revendication, de scruter ses attendus et ses premières conséquences, de dégager ses sources militantes, ses supports d’expression, ses modes de structuration. D’où vient l’exigence de conditionner moralement la notion traditionnelle d’ayant-droit qui était au centre des politiques sociales ? De quelle objectivité scientifique se réclame un tel courant réformateur ? Quelles mesures d’impact sont, par exemple, eu coeur de cette notion de mérite social ? Sur quelles méthodes s’appuie-t-elle ? Par quels canaux circule un tel répertoire d’action publique ? Quelles inflexions cette politique incitative peut-elle avoir sur la notion de droit social ? C’est à ces questions que s’attachera cette recherche qui sera réalisée en lien avec l’Unicef New York (Helen Elisabeth Schulte), le Department of Public Policy and Applied Psychology in NYU (Lawrence John Aber), l’Open Society Institute (Paris et New York) et la Rockefeller Foundation (Opportunity New York City Program).

 

Le service public face au défi communautaire :  le cas de la santé et des services médicaux. Approche comparative
Karim Amellal (Monika Steffen, UMR PACTE, IEP Grenoble)

Le but de la recherche est de connaître comment les services publics parviennent à gérer le fait communautaire. Comment réussissent-ils, dans quelles limites et au prix de quelles adaptations ou innovations à répondre à des demandes visant la reconnaissance d’une "différence", contraire au principe de l’égalité de traitement ? L’exemple le plus illustratif est sans doute fourni par l’exigence islamiste visant un traitement spécifique des femmes musulmanes dans les hôpitaux. Au-delà de ces évènements ponctuels et de leurs aspects souvent dramatisés, le sujet proposé revoit à un problème de fond, pour les responsables politiques et pour les sciences sociales.
L’hypothèse d’une intégration par assimilation, qui a longtemps dominé dans l’approche des populations d’origine étrangère, se trouve aujourd’hui invalidée par le double phénomène de la montée du communautarisme, sous diverses formes, et par le recours, devenu fréquent, à une identité religieuse, y compris dans les couches moyennes et relativement bien intégrées de la population d’origine immigrée. Dès lors, la question du traitement des identités culturelles dans les services publics constitue un problème social massif et durable, en France comme d’autres pays européens. Le défi théorique est lié au fait que la religion ne constitue pas un vecteur univoque : elle peut être un facteur d’inclusion ou d’exclusion sociale, selon la dynamique interactive avec l’environnement, notamment le fonctionnement des institutions et les référentiels qu’elles mettent en oeuvre.
Le projet de thèse proposé ici vise à étudier comment les services médicaux, notamment les hôpitaux publics, répondent à des demandes communautaires. Quelles sont les politiques mises en place et quelles sont les stratégies des agents de terrains ? Comment les communautés investissent-elles éventuellement elles-mêmes le champ de la santé et de la médecine, en tant que professionnels ? Dans ce cas, comment se répartissent les zones d’implantation et la clientèle des malades ? Quel est l’impact effectif du facteur communautaire sur les services publics, leur fonctionnement, leur organisation, voire leur modernisation ?

Le tourisme comme voie de sortie de la marginalité rurale ? Approche par les capacités
France Loubet (Jean-Christophe Dissart, Liliane Bensahel, CEMAGREF, UPMF)

Le monde rural présente des visages contrastés, avec des niveaux de développement différents qui renvoient aux questions de marginalité. S'appuyant sur des éléments de foncier et de patrimoine, le tourisme est couramment envisagé comme stratégie de développement local. Cependant, les fonctions que peuvent assumer les espaces ruraux (dont le tourisme) varient en fonction de leurs ressources. Le projet de thèse propose d'analyser les atouts, contraintes et opportunités que les espaces ruraux présentent par rapport au développement en général, à l'activité touristique en particulier, en recourant au cadre théorique de l'approche par les capacités. Les contributions de la thèse seront d'ordre théorique, empirique et méthodologique car l'approche par les capacités, d'origine microéconomique et testée dans les économies agraires des Pays du Sud, sera ciblée sur l'activité touristique et appliquée à l'échelle de territoires situés en région Rhône-Alpes. En considérant le tourisme par rapport aux enjeux de développement rural, l'objectif du projet est de renforcer la compréhension des dynamiques territoriales et des phénomènes de marginalité au sein des espaces ruraux rhônalpins.

 

Construction des marchés dans les domaines d’excellence scientifique : les effets des pôles de compétitivité
Jean-Jacques Iritié (Eric Avenel et Vincent Mangematin, GAEL, UPMF)

Les pôles de compétitivité ont pour objectif de créer des compétences génériques et spécialisées pour stimuler la recherche, l’innovation et la création de richesses pour faire émerger des leaders nationaux, européens ou mondiaux.
Dans les nanotechnologies, on estime que le potentiel pour des applications industrielles et commerciales est immense. Des telles perspectives sont centrales pour un pôle mondial de compétitivité, comme Minalogic, où les investissements privés et publics se conjuguent pour développer de nouvelles technologies, de nouveaux produits et de nouveaux processus. On peut dès aujourd’hui identifier des produits ou processus qui intègrent les nanotechnologies et le travail à l’échelle nanométriques dans plusieurs secteurs, allant du sport à la pharmacie en passant par les matériaux et les technologies de l’information.
Les travaux sur la formation des marchés, c’est-à-dire la valorisation économique des efforts de R&D restent limités et les acteurs économiques, entreprises, pouvoirs publics et partenaires sociaux doivent se contenter d’études de marchés souvent mirifiques pour étayer leurs décisions. Une des leçons à retenir des biotechnologies (OGM en particulier) est que la formation de smarchés ne peut pas négliger les questions d’acceptabilité sociétales et doit intégrer les préoccupations des citoyens en matière de sécurité et de développement durable notamment, ce qui peut conduire à des régulations nationales différentes. La thèse a l’ambition de développer des instruments permettant d’évaluer et de suivre les marchés actuels et futurs des produits et procédés issus des nanotechnologies.

 

Le (non-)recours à la justice des demandeurs d’aide sociale
Claire Magord (Isabelle Sayn, CERCRID, Université Jean Monnet)

Le projet se propose de travailler sur l’absence de recours à la justice lorsque une demande de prestations relevant de l’aide sociales départementale a été refusée par l’autorité comp‚tente. Cette démarche ne postule pas que la demande aurait été refusée à tord, mais que le refus doit pouvoir faire l’objet d’un recours. C’est la conséquence fondamentale de notre système juridictionnel qui accorde un "droit au juge", droit renforcé par les dispositions de l’article 6§1 de la CEDH.
Laissant de côté l’aspect individuel du non recours, le projet se consacre à son aspect institutionnel, dans le domaine de l’aide sociale départementale. Il se donne pour objectif de préciser dans quelle mesure une situation potentiellement litigieuse (refus initial de prestation et demande de remboursement de prestations) est suivi d’un recours gracieux puis juridictionnel (mesure du phénomène), comment les modalités de fonctionnement des services concernés organisent, encadrent, voir limitent de recours au juge (analyse du phénomène), enfin comment l’activité juridictionnelle rétroagit sur l’activité des services.

 

L’école et l’individu contemporain
Anne-Claudine Oller (Dominique Glasman, LLS, Université de Savoie)

Aujourd’hui dominent les discours promouvant un individu soucieux de lui-même, à la recherche constante de sa performance et de sa réussite (Ehrenberg). L’institution scolaire n’y est pas imperméable. Non seulement elle doit faire face à des élèves porteurs de ces conceptions, mais elle les forme également en tant que tels, en tant qu’individus propres. En effet, même si elle peut dans certains cas s’en défendre, l’école est appelée à construire des élèves devant répondre aux exigences ainsi qu’aux besoins de la société. De leur côté, dans un contexte d’intense compétition scolaire et sociale, les élèves essaient de se faire une place ; parents et adolescents se mobilisent, notamment en ayant recours à des stratégies scolaires et/ou éducatives. Certaines d’entre elles semblent particulièrement en phase avec la construction d’un individu « performant », « autonome ». Ce travail de recherche cherchera à comprendre comment certaines pratiques, certains « dispositifs », dans l’école ou à sa périphérie, contribuent à la prise en charge ainsi qu’à la formation d’un individu que l’on pourrait appeler « contemporain ». Les trois objets empiriques sur lesquels se basera l’analyse sont : le coaching scolaire, l’internat scolaire, l’importance que prend, au sein de l’école, la formulation d’un « projet » par les élèves. Il sera ainsi possible de comprendre comment se nouent l’école et l’individu contemporain.

 

Année 2007

 

L'action publique de santé en faveur des populations en situation de grande précarité. Comparaison régionale.
Céline Maury (Monika Steffen, UMR PACTE, IEP de Grenoble)

Le projet porte principalement sur la comparaison du fonctionnement de la Couverture Maladie Universelle (CMU) entre deux régions françaises. La problématique concerne de manière très intéressante deux aspects liés du problème : l’organisation administrative de la prévention médicale ;  et les relais de terrain portés par l’action caritative et militante.
Le sujet correspond à une question vive actuelle pour les responsables de politiques publiques. La thèse explorera comment s’articule en pratique les dispositifs institutionnels et les interfaces associatifs, dans une dimension Rhône-Alpes où la place de Lyon sera privilégiée.

 

De l'accompagnement individuel à l'empowerment: un changement de place du bénéficiaire dans l'action publique. Une analyse des politiques locales de l'insertion socioprofessionnelle : l'exemple des PLIE en Rhône-Alpes.
Nathalie Blanchet (Philippe Warin, UMR PACTE, IEP de Grenoble)

Le sujet porte sur les plans locaux pour l’insertion et l’emploi (PLIE). La démarche construite est une analyse multi-niveaux sur les situations de trois agglomérations contrastées en Rhône-Alpes : Lyon, Saint-Etienne et Grenoble. Les dispositifs d’évaluation européens liés aux cofinancements du Fonds Social Européen (FSE) viendront renforcer cette analyse. La problématique et la méthodologie permettent d’articuler une investigation sur les actions de PLIE et sur le devenir des bénéficiaires.

 

Police et exclusion
Laura Boschetti (Sébastian Roché, Sciences du territoire et du politique, Université de Grenoble 2)
Programme 1 : ETAP

Le projet est caractérisé par une démarche comparative, novatrice sur le sujet, qui paraît de surcroît bien informée et construite. La méthodologie est précisée. Deux angles d’analyse sont abordés : modèles d’intégration des minorités et conception du rôle de la police dans les quartiers.
Ce travail a pour vocation d’éclairer les débats actuels relatifs à l’ilotage et à la police de proximité. A cette préoccupation d’actualité correspond ici une démarche comparative entre deux sites régionaux, Lyon et Grenoble.

 

La prise en compte des disparités temporelles, spatiales et sociales dans les politiques urbaines de mobilité
Cécile Féré (Franck Scherrer, Sciences des Sociétés et du Droit, Université de Lyon II)
Programme 3 : Mobilité, territorialité, marginalité

La problématique est centrée sur une contradiction importante entre impératifs de cohésion sociale (conduisant à garantir l’accès au droit à la mobilité pour tous) et de pérennité environnementale (suggérant de limiter la mobilité motorisée des individus). La démarche se présente comme « exploratoire » et limitée au cadre français. La méthodologie d’enquête porte seulement sur les études urbaines.
Le thème est aujourd’hui essentiel pour les arbitrages à conduire dans les politiques urbaines. La recherche portera sur les conséquences combinées de la Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (loi SRU) et des dispositifs de Plans Locaux de Déplacements (PLD), visant des rééquilibrages entre déplacements voiture et autres modes de transport.

 

Partenariats Universités/entreprises: mesurer l'efficacité économique des transferts, pour construire une dynamique de développement territorial       
Safae Aissaoui (Stephen Bazen, Ecole doctorale de l'Université de Savoie & Institut de Management de l'Université de Savoie)
Programme 3 : Mobilité, territorialité, marginalité

Il s’agit ici de s’intéresser à l’efficacité des transferts et des externalités qui sont attachés aux partenariats noués entre Universités et Entreprises.  La méthodologie  consiste en une évaluation à la fois qualitative et quantitative des dynamiques d’innovation industrielles dans le cadre de ces partenariats. La mesure de l’expertise de l’efficacité n’est pas sans poser problème. Mais le sujet est indéniablement important en termes « d’ingénierie territoriale ».

 

Saint-Etienne, l'imaginaire d'une ville de football et de théâtre
Bérangère Ginhoux (Michel Rautenberg, Arts, langage, territoires, sociétés, Université de Saint-Etienne)
Programme 2 : Action collective, conflictualité sociale et mobilisation associative

Le thème de recherche portant sur les liens entre culture populaire et imaginaire collectif de la ville est intéressant et encore novateur. En l’occurrence, il s’agit de théâtre populaire et de sport collectif. Au croisement des constructions institutionnelles et de l’appropriation de l’espace, le sujet est aujourd’hui à l’agenda local : il s’inscrit dans un programme Temis qui rassemble chercheurs et professionnels de la ville de Saint Etienne et il est participe à un programme cofinancé par les ministères de la Culture et de l’Equipement (PUCA).

 

Année 2006

 

Socio-histoire des politiques publiques destinées aux étudiants en matière sociale et sanitaire
Emmanuel Porte (Gilles Pollet, ISH, Université Lyon 2)

Le sujet vise à une analyse des actions et des conceptions relatives à l’aide sociale aux étudiants depuis le début du XXe siècle, de la part des acteurs gouvernementaux mais aussi syndicaux et partisans.
La problématique se centre de manière très claire sur l’émergence et les transformations du statut social de l’étudiant, en rapport avec l’affirmation progressive du salariat.
La méthodologie est bien organisée pour chercher à caractériser à la fois les moments et personnages-clés, mais aussi le rôle des réseaux d’idées et d’influence. Elle combine sources d’archives (notamment Touvet, Bureau de bienfaisance de Lyon), statistiques et entretiens. Le terrain choisi a une dimension régionale forte.

 

La structuration des relations professionnelles dans les associations d’aide à domicile
Emmanuelle Puissant (Guy Bensimon, CEPSE, UPMF Grenoble)

Le sujet porte de manière très opportune sur les transformations du travail dans le monde des associations, c’est à dire sur le devenir des structures d’économie sociale qui sont particulièrement présentes dans le secteur de l’aide à domicile.
La problématique interroge à ce propos trois processus d’intégration qui sont ici liés : intégration sociale (le rôle nouveau d’employeur des directeurs d’associations), professionnelle (la qualification en cours du métier d’aide à domicile), et territoriale (le passage du monde rural initial au monde urbain).
La méthodologie retenue croise des éclairages économiques, sociologiques et d’analyse des politiques publiques. La recherche aura aussi pour atout d’avoir l’appui de partenaires professionnels (UNADMR) et la thèse portera sur la région Rhône-Alpes.

 

L’entrée en République. Enquête sur le fonctionnement des plates-formes d’accueil et de l’intégration en Rhône-Alpes
Ouassim Hamzaoui (Olivier Ihl, UMR Pacte)

Le sujet concerne de manière intéressante des dispositifs administratifs assez récents (PLAI, CAI), qui se caractérisent paradoxalement par un faible « taux de pénétration » dans les publics visés.
La problématique entend clairement se situer au delà des bilans statistiques officiels pour privilégier l’observation de la relation entre les primo-arrivants et les intervenants politico-administratifs. Elle se concentre sur l’analyse des interactions et sur le rôle explicatif des dispositions individuelles et sociales.
La méthodologie repos sur une grille de lecture d’entretiens semi-directifs pour caractériser le sens et les finalités que les uns et les autres reconnaissent à ces dispositifs. Le terrain choisi correspond à deux départements contrastés en Rhône-Alpes : Rhône et Isère.

 

La prison, outil de réinsertion ou facteur d’exclusion ? Analyse publique de la gestion du parc pénitentiaire en France et au Canada
Alexia Venouil (Sébastian Roché, UMR Pacte)

Le sujet retenu est aujourd’hui d’actualité et entend apporter un éclairage international. L’étude associe deux formes particulières de politiques publiques : « la gestion du parc pénitentiaire » et les actions de réinsertion.
La problématique de la thèse repose de manière intéressante sur une démarche comparative internationale et bénéficie d’un accord de suivi avec l’université de Montréal qui lui donne une bonne faisabilité.
La méthodologie n’est précisée que dans la mesure où elle renvoie à l’ambition de prendre en compte à la fois les idées, les intérêts et les valeurs. La période qui sera considérée par la thèse ouvre bien l’analyse classique de l’agenda setting en remontant au début des années 1980.

 

Les politiques en faveur des personnes dépendantes. Savoirs et académisation des connaissances. Le cas des sciences politiques française et états-unienne
Benoît Monange (Philippe Warin/Olivier Ihl, UMR Pacte)

Le sujet de la thèse, qui correspond à des enjeux actuels de l’action publique, s’attache en particulier à comparer les interventions des acteurs publics en France et aux Etats-Unis.
La problématique mise en avant concerne beaucoup de points : disparités en termes de besoins, d’évaluations, de financements, d’expertise mobilisée ; étude des choix de financement faits entre le soutien à domicile et la réalisation d’établissements spécialisés.
La méthodologie de la thèse entend croiser une approche socio-historique et une étude des sciences de gouvernement. L’analyse s’appuie sur les catégories de la science politique et de la sociologie de la vieillesse. Le terrain sera principalement comparatif.

 

La construction des usages sociaux du langage oral : différenciation, exclusion ou convergence ?
Nathael Martin (Jean-Pierre Chevrot, Sciences du langage, uni Grenoble 3)

Le sujet porte plus particulièrement sur l’évolution différentielle des dialectes sociaux (définis selon le statut, l’origine régionale, le genre, le lieu d’habitation, etc.) pendant la période de la scolarisation.
La problématique met en avant l’influence de l’école mais aussi le rôle de l’interaction entre les locuteurs, y compris chez de jeunes enfants. La recherche dans la thèse vise à mieux situer la place du langage au sein des échanges sociaux, en vue d’améliorer l’enseignement de l’oral en l’adaptant si possible selon la diversité des publics scolaires.
La méthodologie croise les démarches de trois disciplines (sociolinguistique, psycholinguistique et éthologie) en envisageant de travailler sur un corpus de 24 enfants, observés 3 fois en début, milieu et fin d’année scolaire, avec un terrain très approfondi en Haute Savoie (Grand Bornand).

 

Année 2005

 

Mobilités quotidiennes, rythmes urbains : les logiques des emplois du temps et des territoires des habitants de la région grenobloise. Compréhension du système territorial à travers la lecture spatio-temporelle des mobilités quotidiennes des habitants
Kamila Tabaka (Martin Vanier/Sonia Chardonnel, UJF)
Programme 3 : Mobilité, territorialité, marginalité

THESE SOUTENUE EN 2009

Mots-clés
Mobilités quotidiennes, rythmes urbains, approche basée sur les activités, Time-Geography, catégories socio-spatiales

A la croisée de l’espace et du temps, la problématique de la mobilité condense des enjeux fortement structurants de nos vies quotidiennes. Aujourd’hui être mobile veut dire « avoir l’opportunité d’accéder à », et chacun d’entre nous souhaite étendre son accès en confirmant la thèse que « la liberté de déplacement permet des mobilités et accroît le sentiment de liberté »1. Etre attaché à des territorialités multiples se présente déjà comme une réalité pour certaines populations. Néanmoins, n’étant pas généralisée sur toute la population, cette situation crée des inégalités d’accès aux ressources pour d’autres individus, moins mobiles, et relégués dans des territoires quotidiens plus restreints.
Cette thèse tend à établir une lecture de l’hétérogénéité de l’espace métropolitain et de ses organisations à travers les pratiques quotidiennes des individus dotés d’inégales capacités et compétences à la mobilité. Pour mieux connaître les différences d’accès aux ressources, une lecture pertinente des formes de mobilité et des rythmes de la vie quotidienne doit être établie. La mobilité ne présente pas l’objectif en soi pour les individus. Elle permet par contre l’arbitrage entre les lieux et les activités, distants dans le temps et dans l’espace.
Le travail de cette thèse se basera sur l’analyse des emplois du temps et de l’espace des habitants et des rythmes urbains qu’ils impliquent. Ainsi, nous souhaitons approfondir l’analyse des comportements des individus dans le but de pouvoir mieux décrire l’hétérogénéité de la société mobile et les inégalités qui y sont en cours. Dans le cadre d’un partenariat avec le Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération grenobloise (SMTC) et l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise (AURG), nous travaillons sur les données de l’Enquête Ménages Déplacements (EMD) 2002 de la région grenobloise. Il s’agit d’une riche source de données spatio-temporelles à partir de laquelle nous proposons une analyse secondaire dont l’objectif est de produire une typologie des formes de mobilités quotidiennes en fonction des programmes d’activités (emplois du temps) individuels.
Les typologies obtenues se basent sur des méthodes d’analyse exploratoire multidimensionnelle, combinant une analyse factorielle des correspondances multiples avec une classification mixte. Nous distinguons ainsi deux typologies décrivant huit types de « journées des individus » et six classes de « journées des ménages ». Ces classifications font apparaître notamment l’importance du cycle de vie, du statut de l’emploi et du genre dans les programmes d’activités desquels découlent des formes de mobilité spécifiques. L’approfondissement de ces classifications permettra une meilleure connaissance des inégalités qui existent dans les pratiques quotidiennes des espaces.

 

La lutte contre l’exclusion linguistique : pratiques et savoirs d’une politique publique (France, Suisse, Autriche)
Amandine Rochas (Olivier Ihl, UMR Pacte)
Programme 2 : Action collective, conflictualité sociale et mobilisation associative

THESE SOUTENUE EN 2009

La plupart des pays européens sont confrontés au phénomène des langues minoritaires. Ces « problèmes » ne sont pas seulement linguistiques. Ils offrent le moyen de s’interroger sur la question de l’intégration ou de l’exclusion des groupes minoritaires au sein des États et sur les politiques publiques engagées en leur direction.
Une comparaison entre différents pays de l’arc alpin permettra d’établir les outils et les modèles mis en œuvre et surtout sur leurs usages à l’heure de la charte européenne des langues minoritaires.
L’approche comparative permettra de repérer les pratiques et savoirs en vigueur mais aussi de questionner les conditions de fabrication d’une politique d’intégration sociolinguistique en mettant en avant les ressorts militants et associatifs, identitaires et politiques de ce type de mobilisation.

 

Filière contentieuse et droit au logement
Sabrina Comello (Marie-Claire RIVIER, Professeur (Lyon 2) et Isabelle SAYN, Chercheur CNRS, Droit et Justice à l’Université de Saint-Etienne)
Programme 1 : ETAP

Un ensemble considérable de textes organisent ce qu’il est convenu d’appeler le « droit au logement ». Ces textes tendent à permettre l’accès à un logement comme à assurer le maintien dans les lieux ; ils relèvent du droit privé comme du droit public, du droit civil comme du droit de la protection sociale ; ils sont mis en œuvre par un ensemble d’autorités prévues à cet effet, relevant notamment de l’organisation juridictionnelle, de la sécurité sociale ou de l’aide et de l’action sociale.
A côté des règles de droit substantiel, les textes posent un ensemble souvent peu explicites de règles procédurales destinées à organiser leur mise en œuvre effective, tendant à ce que chacun puisse disposer des droits prévus dans les textes. La reconnaissance de l’importance des règles procédurales dans la distribution des droits, comme outil d’accès au droit, est aujourd’hui acquise dans plusieurs textes européens. Ces textes articulent des exigences relatives aux procédures juridictionnelles et des exigences relatives aux bonnes pratiques administratives.
A partir de l’intérêt pour une articulation des connaissances procédurales dans ces deux champs traditionnellement séparés (la « procédure », conçue comme juridictionnelle, d’une part, et les « sciences administratives » d’autres part), cette thèse se propose d’analyser les procédures juridictionnelles et pré-juridictionnelles mises en œuvre dans le domaine du logement au regard de la préoccupation de l’accès au droit.

 

La naissance de l’habitat moderne. L’unité d’habitation de Le Corbusier à Firminy-Vert
Clarisse Lauras (Jean-Luc Pinol, ISH, Lyon II)

THESE SOUTENUE EN 2009

Cette thèse en histoire se propose d’analyser comment le maire Eugène Claudius-Petit dont les relations avec le mouvement moderne datent de plusieurs décennies a pu décider Le Corbusier à construire une unité d’habitation à Firminy ; surtout il s’agit d’analyser sur le modèle des recherches de J.F. Augoyard sur la Villeneuve de Grenoble, la perception par la population du mouvement moderne. De s’interroger sur les manières d’habiter qui se sont développées à Firminy-Vert. Élaborée dans une perspective historique, cette enquête confrontera les sources orales avec les archives laissées par l’expérience.

Territoires et répertoires du lobbying. Le cas de l’action patronale sur la limitation du temps de travail depuis les lois Aubry
Vakana Andriamasinoro (Olivier Ihl, UMR Pacte)
Projet 2 : Action collective, conflictualité sociale et mobilisation associative

Le lobbying est devenu un phénomène politique majeur dans la l‘adoption et la mise en œuvre des politiques sociales. Ses techniques et son incidence restent toutefois mal appréciés car entourées de beaucoup d‘idées reçues. L’étude de la mise en œuvre de la loi sur les 35 heures à l’échelle régionale permettra de comprendre les paramètres de ce système d’action, notamment en matière de mise sur agenda public et d’adoption des décrets d’application. Quels sont les modes d’influence ? Les moyens d‘action ? Comment cette « pression » (pressure groups) s’insère–t-elle dans la structure politico-administrative ? Afin de répondre au mieux à ces interrogations, une approche socio-historique est privilégiée.

Immigration et lutte contre le sida : des limites d’une coordination de politiques publiques à une nouvelle politique internationale de coopération ?
Elhadji MBaye (Monika Steffen, UMR Pacte)

THESE SOUTENUE EN 2009

Les politiques d’immigration et de lutte contre le sida ont des objectifs différents, voire opposés dans leurs principes et référentiels. Or, les « bénéficiaires » sont les mêmes : populations étrangères vivant en France dans une situation de précarité sociale et sanitaire, immigrés sidéens cherchant en France des soins médicaux inaccessibles dans leurs pays d’origine. Les contradictions entre ces deux politiques rendent difficile leur mise en œuvre au niveau local et compromettent leur succès respectif au niveau national.
Confrontée à l’immigration sanitaire et aux difficultés de l’inter-ministérialité, la France a adopté une nouvelle politique internationale, bilatérale et multilatérale : au niveau européen par une harmonisation de la gestion des flux migratoires, mais non accompagnée d’une politique commune d’intégration ; au niveau international en prenant le leadership dans la lutte contre le sida, en étroite collaboration avec l’Union Européenne et les organisations internationales. La politique française s’appuie sur la coopération avec les anciennes colonies, pour endiguer l’émigration vers la métropole, grâce à deux stratégies : le financement de projets (bilatéraux ou européens) dans le cadre de l’aide au développement et l’engagement dans le Fonds mondial de lutte contre le sida (l’accès aux médicaments dans les pays pauvres).
Le sujet vise ce passage du local à l’international en prenant appui sur l’UE. Elle repose sur une enquête effectuée auprès des populations Rhône-alpines, plus précisément sur les difficultés de l'action publique visant les étrangers malades du sida": comment les agents de mise en œuvre, sur le terrain local: les agents associatifs, administratifs et professionnels gèrent les contradictions entre deux politiques publiques peu conciliables (lutte contre l'immigration et les clandestins, d'une part, et une politique de santé publique cohérente, appuyé sur le droit aux soins, d'autre part), et comment les "bénéficiaires" de ses deux politiques (les immigrés malades, dont des illégaux) utilisent ou non les services de prévention et de soins.