Informations générales
Le Cluster 12 c’est :
- 4 Universités à Lyon, Grenoble et Chambéry
- Plus de 40 laboratoires de recherche
- Près de 200 chercheurs
- 18 thèses en cours
- Des partenaires publics et privés, en France et à l’étranger
- Une volonté pluridisciplinaire de production de connaissance
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- Schéma général (abrégé)
- Schéma général (intégral)
- Maquette (2006)
Ce cluster a été conçu dans cet état d’esprit précis : présenter
l'état actuel du débat scientifique sur les questions liées à la
marginalisation territoriale et à l'exclusion sociale ; proposer des
outils innovants pour mieux appréhender les rapports spécifiques
entre espace et modes de vie. Développement du chômage, difficultés
d'insertion professionnelle des jeunes, tout spécialement des jeunes
non qualifiés, fréquence des ruptures familiales, fragilité accrue
des grands ensembles urbains et des espaces ruraux, multiplication
des situations de précarité et difficultés d’intégration des
populations issues de l’immigration : la recherche de solutions
nécessite une connaissance approfondie des problèmes. Plus encore :
la diversité et la complexité des situations obligent à mettre en
œuvre une approche multidimensionnelle, quantitative et qualitative.
Que le renforcement du lien social soit une priorité des politiques
publiques, chacun aujourd’hui ne peut qu’en être convaincu. La
question de la modernisation des formes de régulation de l’action
publique (ville et organisation des “gouvernements” locaux, habitat,
insertion économique et action sociale, éducation, communautés et
pratiques culturelles,…) se pose avec une acuité sans précédent.
Pour la région Rhône-Alpes, cette sommation prend la forme de
plusieurs défis : le traitement de la fragmentation sociale et
urbaine, la construction de solidarités territoriales et sociales,
l’élaboration et l’évaluation de ses politiques scolaires,
l’évolution des organisations et des métiers du “social”...
Face à ce défi, le réseau scientifique régional constitué dans le
cadre du Cluster 12 “Dynamiques sociales et territoriales.
Intégration et exclusion, espaces et modes de vie” a pris le parti
de se constituer comme un pôle régional de recherche et d’expertise
pour conduire sur une base pluridisciplinaire plusieurs programmes
sur les transformations que connaissent les politiques sociales et
territoriales (acteurs, pratiques, savoir-faire) ainsi que les
changements organisationnels et professionnels que ces mutations ont
fait émerger. Ces travaux doivent permettre d’initier et de mettre
en œuvre de nouvelles modalités de pilotage en renforçant la
capacité d'expertise en matière d’intégration et d’exclusion.
Méthode
Le cluster 12 réunit les chercheurs, enseignants-chercheurs et
doctorants de plusieurs sites universitaires qui souhaitent
travailler sur la lutte contre l’exclusion sous toutes ses formes.
Son argument scientifique central demeure inchangé depuis sa
création il y a un an et demi : il s’agit de l’approche des formes
et des enjeux de l’intégration sociale et territoriale. Cette
approche est spécifiée par les trois postures suivantes :
l’interdisciplinarité, qui est la raison d’être de ce cluster, entre
politistes, géographes, sociologues, urbanistes, économistes,
juristes pour ne parler ici que des disciplines les plus
représentées
le souci de partager la construction des problèmes scientifiques
avec les systèmes d’action eux-mêmes, au fur et à mesure que les
acteurs publics et privés érigent les problèmes rencontrés en champs
d’actions et de politiques.
la volonté d’en finir avec tout clivage méthodologique entre
l’analyse objectivée des faits sociaux par la production de mesures
et la construction de données, et l’analyse réflexive sur les
acteurs et les actions, à travers leurs discours, leurs
représentations, leurs choix, leurs comportements.
Objectifs
Dans ce cadre général et sur cette base commune, travaillent de
nombreux groupes, pôles ou équipes qui se sont constitués, à partir
de dynamiques individuelles, de programmes collectifs, de commandes
de recherche, de cycles de formation, de collaborations avec
d’autres dispositifs, de cultures de laboratoires, etc. La politique
scientifique du cluster 12 pour la période 2007-2010 sera de
favoriser leurs interactions scientifiques et les conditions
collectives de leur efficacité. De permettre leur intégration
scientifique, leur lien avec les milieux socio-économiques et leur
développement international.
S’agissant d’un ensemble qui devrait approcher les 250 membres en
début de période 2007-2010, le cluster 12 revendique sa diversité,
dans le champ annoncé qu’il s’agisse des méthodes utilisées, des
cadres théoriques mobilisés ou des formes de partenariat engagés.
Elle donne d’abord à sa politique scientifique les objectifs
suivants :
permettre à un nombre croissant de ses membres et de ses activités
d’accéder à une visibilité internationale, par les programmes de
recherche, les publications, la communication et la valorisation des
résultats scientifiques.
accroître la valeur ajoutée disponible au sein du cluster, en
particulier en matière d’information scientifique, de capitalisation
des données, de gestion de la connaissance, par une plus grande
mutualisation, ou intégration, des ressources techniques et humaines
des différents sites
professionnaliser les recherches doctorales et la formation des
jeunes chercheurs et contribuer résolument au fonctionnement des
Masters spécialisés dans ces domaines, en insérant systématiquement
leurs travaux dans les dispositifs de recherche financés.
Orientation épistémologique
Le primat donné, quels que soient les groupes, équipes ou
projets, à l’approche des sociétés à la fois comme systèmes
d’action, ensembles de représentations et constructions
institutionnelles forme la ligne de force de ce Cluster. Cette
lecture “croisée” est jugée comme la meilleure façon de saisir les
changements politiques et les mutations sociales dans les actions
qui les supportent, à travers l’analyse des représentations et des
comportements mais aussi la compréhension des interactions et de
leur encadrement par des ensembles de codes, règles et conventions.
L’appel d’offre lancée cette année (du 15 janvier au 13 février par
courrier, mail et avec l'appui des référents administratifs) a
essayé de préciser cette démarche en invitant à aborder
l’intégration sous l’angle de l’implication citoyenne, de la place
de l’expertise, des conditions de production des politiques
sociales, des normes renouvelées de la régulation, ou des formes
innovantes de recomposition des clivages territoriaux et sociaux.
Une réunion de toutes les équipes s'est tenue à Grenoble le 8
février, puis une autre à la mi-juin. Elles ont permis de faire le
point sur les attentes de chacun, sur l'évolution de la
programmation et sur le fonctionnement du cluster. Une présentation
de la dizaine de projets nouveaux a été faite lors de cette séance.
De ce second appel d'offres, la notion d’ingénierie sociale et
territoriale a constitué le fer de lance. Le terme est ici à
appréhender dans un sens très large. Il vise l’ensemble des outils,
des techniques, des dispositifs et des savoirs mobilisés dans
l’action publique. Ces outils et ces savoirs peuvent résulter d’une
entreprise explicite (et intentionnelle) de rationalisation des
rapports sociaux, mais ils peuvent également être le fruit
d’expériences accumulées, de savoir-faire déployés en réponse à des
problèmes pratiques, expériences et savoirs qui ont été
progressivement objectivés et standardisés. S’interroger sur ces
outils conduit à retrouver, au-delà des acteurs, de leurs
représentations et de leurs intérêts, ce qui fait la substance des
politiques.
Que savons-nous, par exemple, de la manière dont est construit un “
indicateur ” ou encore de la manière dont sont produites des données
statistiques sur l’action en matière sociale ou territoriale ? D’où
viennent les procédures de consultation mises en œuvre dans ces
secteurs d’intervention ? Comment sont établies les “ normes de
qualité ” des systèmes d’évaluation ? Et les seuils d’exposition à
un risque social ? Comment s’établit concrètement un contrat entre
différents partenaires, publics et privés, dans ce secteur
d’activité ? Comment se fixe le recours aux formes d'expertise et
aux procédures de concertation dans la production des politiques
sociales ? Quels types de territoires façonne et requiert
l'engagement des politiques publiques (politiques urbaines,
contractualisation des politiques, négociation multi-acteurs et
multi-niveaux, etc.) ? Quels modes de régulation politique des
tensions sociales et de construction des formes contemporaines de
solidarité leur sont sous-jacents ? Voilà quelques questions qui
permettent d’illustrer la nature des préoccupations de ce Cluster,
des questions pleinement inscrites dans ce deuxième appel d’offre.
C’est l’occasion de rappeler le fil directeur de cette programmation
de recherche. Si les phénomènes d’exclusion semblent bien connus (de
nombreux travaux, rapports d’enquêtes et témoignages de terrain, en
France et à l’étranger, permettent depuis des années d’en apprécier
l’ampleur) les explications individuelles et institutionnelles de
l’exclusion sont loin d’être suffisamment reliées les unes aux
autres. Faute d’une approche d’ensemble des réalités qui permettrait
de prévenir de probables évolutions et d’aider au mieux les choix
publics. Faute aussi d’analyses qui visent à comprendre les
phénomènes d’exclusion comme combinaisons d’inégalités sociales, de
comportements subis ou choisis, et de processus institutionnels
discriminants. Ces explications ne sont pas simples à aborder et
surtout à rapprocher dans un même modèle d’analyse. Elles varient
considérablement d’une population à une autre (en fonction de
multiples critères sociaux et de la diversité des parcours
individuels et familiaux), d’un territoire à un autre (territoires
de solidarités formelles et informelles, de droits et de non droits,
…), d’un secteur d’action publique à un autre. De ce point de vue,
le manque de vue d’ensemble est grand en ce qui concerne les
relations entre situations socio-économiques individuelles, vécus et
choix personnels, choix de politiques et fonctionnements de
dispositifs. Or, la lutte contre l’exclusion ne peut se suffire d’un
seul niveau d’explication ; sa préparation dépend fortement de la
prise en compte des types d’existence, des capacités à agir des
individus, des logiques propres aux intervenants.
Recherche et action
Ce projet a ainsi une double dimension, à la fois scientifique et appliquée, puisqu’il cherche à développer une approche de l’exclusion qui intègre son explication dans l’étude des politiques destinées à lutter contre elle, et à proposer des éléments utiles pour des visées correctrices en termes de méthodes d’observation, d’évaluation et d’impact. Cette démarche n’est évidemment pas exclusive d’autres objectifs propres à chaque programme. Elle représente seulement un cadre général de finalités par rapport auxquelles ce projet souhaite apporter une contribution utile à la Région en se situant un peu à l’instar d’autres dispositifs de recherche (par exemple en santé publique) dans un “ rôle sentinelle ”.
