Cluster 12

Dynamiques sociales et territoriales

Exclusions et intégration

Espaces et modes de vie

Informations générales

Le Cluster 12 c’est :

  • 4 Universités à Lyon, Grenoble et Chambéry
  • Plus de 40 laboratoires de recherche
  • Près de 200 chercheurs
  • 18 thèses en cours
  • Des partenaires publics et privés, en France et à l’étranger
  • Une volonté pluridisciplinaire de production de connaissance

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Ce cluster a été conçu dans cet état d’esprit précis : présenter l'état actuel du débat scientifique sur les questions liées à la marginalisation territoriale et à l'exclusion sociale ; proposer des outils innovants pour mieux appréhender les rapports spécifiques entre espace et modes de vie. Développement du chômage, difficultés d'insertion professionnelle des jeunes, tout spécialement des jeunes non qualifiés, fréquence des ruptures familiales, fragilité accrue des grands ensembles urbains et des espaces ruraux, multiplication des situations de précarité et difficultés d’intégration des populations issues de l’immigration : la recherche de solutions nécessite une connaissance approfondie des problèmes. Plus encore : la diversité et la complexité des situations obligent à mettre en œuvre une approche multidimensionnelle, quantitative et qualitative.

Que le renforcement du lien social soit une priorité des politiques publiques, chacun aujourd’hui ne peut qu’en être convaincu. La question de la modernisation des formes de régulation de l’action publique (ville et organisation des “gouvernements” locaux, habitat, insertion économique et action sociale, éducation, communautés et pratiques culturelles,…) se pose avec une acuité sans précédent. Pour la région Rhône-Alpes, cette sommation prend la forme de plusieurs défis : le traitement de la fragmentation sociale et urbaine, la construction de solidarités territoriales et sociales, l’élaboration et l’évaluation de ses politiques scolaires, l’évolution des organisations et des métiers du “social”...

Face à ce défi, le réseau scientifique régional constitué dans le cadre du Cluster 12 “Dynamiques sociales et territoriales. Intégration et exclusion, espaces et modes de vie” a pris le parti de se constituer comme un pôle régional de recherche et d’expertise pour conduire sur une base pluridisciplinaire plusieurs programmes sur les transformations que connaissent les politiques sociales et territoriales (acteurs, pratiques, savoir-faire) ainsi que les changements organisationnels et professionnels que ces mutations ont fait émerger. Ces travaux doivent permettre d’initier et de mettre en œuvre de nouvelles modalités de pilotage en renforçant la capacité d'expertise en matière d’intégration et d’exclusion.

Méthode

Le cluster 12 réunit les chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants de plusieurs sites universitaires qui souhaitent travailler sur la lutte contre l’exclusion sous toutes ses formes. Son argument scientifique central demeure inchangé depuis sa création il y a un an et demi : il s’agit de l’approche des formes et des enjeux de l’intégration sociale et territoriale. Cette approche est spécifiée par les trois postures suivantes :

l’interdisciplinarité, qui est la raison d’être de ce cluster, entre politistes, géographes, sociologues, urbanistes, économistes, juristes pour ne parler ici que des disciplines les plus représentées

le souci de partager la construction des problèmes scientifiques avec les systèmes d’action eux-mêmes, au fur et à mesure que les acteurs publics et privés érigent les problèmes rencontrés en champs d’actions et de politiques.

la volonté d’en finir avec tout clivage méthodologique entre l’analyse objectivée des faits sociaux par la production de mesures et la construction de données, et l’analyse réflexive sur les acteurs et les actions, à travers leurs discours, leurs représentations, leurs choix, leurs comportements.

Objectifs

Dans ce cadre général et sur cette base commune, travaillent de nombreux groupes, pôles ou équipes qui se sont constitués, à partir de dynamiques individuelles, de programmes collectifs, de commandes de recherche, de cycles de formation, de collaborations avec d’autres dispositifs, de cultures de laboratoires, etc. La politique scientifique du cluster 12 pour la période 2007-2010 sera de favoriser leurs interactions scientifiques et les conditions collectives de leur efficacité. De permettre leur intégration scientifique, leur lien avec les milieux socio-économiques et leur développement international.

S’agissant d’un ensemble qui devrait approcher les 250 membres en début de période 2007-2010, le cluster 12 revendique sa diversité, dans le champ annoncé qu’il s’agisse des méthodes utilisées, des cadres théoriques mobilisés ou des formes de partenariat engagés. Elle donne d’abord à sa politique scientifique les objectifs suivants :

permettre à un nombre croissant de ses membres et de ses activités d’accéder à une visibilité internationale, par les programmes de recherche, les publications, la communication et la valorisation des résultats scientifiques.

accroître la valeur ajoutée disponible au sein du cluster, en particulier en matière d’information scientifique, de capitalisation des données, de gestion de la connaissance, par une plus grande mutualisation, ou intégration, des ressources techniques et humaines des différents sites

professionnaliser les recherches doctorales et la formation des jeunes chercheurs et contribuer résolument au fonctionnement des Masters spécialisés dans ces domaines, en insérant systématiquement leurs travaux dans les dispositifs de recherche financés.

Orientation épistémologique

Le primat donné, quels que soient les groupes, équipes ou projets, à l’approche des sociétés à la fois comme systèmes d’action, ensembles de représentations et constructions institutionnelles forme la ligne de force de ce Cluster. Cette lecture “croisée” est jugée comme la meilleure façon de saisir les changements politiques et les mutations sociales dans les actions qui les supportent, à travers l’analyse des représentations et des comportements mais aussi la compréhension des interactions et de leur encadrement par des ensembles de codes, règles et conventions. L’appel d’offre lancée cette année (du 15 janvier au 13 février par courrier, mail et avec l'appui des référents administratifs) a essayé de préciser cette démarche en invitant à aborder l’intégration sous l’angle de l’implication citoyenne, de la place de l’expertise, des conditions de production des politiques sociales, des normes renouvelées de la régulation, ou des formes innovantes de recomposition des clivages territoriaux et sociaux. Une réunion de toutes les équipes s'est tenue à Grenoble le 8 février, puis une autre à la mi-juin. Elles ont permis de faire le point sur les attentes de chacun, sur l'évolution de la programmation et sur le fonctionnement du cluster. Une présentation de la dizaine de projets nouveaux a été faite lors de cette séance.

De ce second appel d'offres, la notion d’ingénierie sociale et territoriale a constitué le fer de lance. Le terme est ici à appréhender dans un sens très large. Il vise l’ensemble des outils, des techniques, des dispositifs et des savoirs mobilisés dans l’action publique. Ces outils et ces savoirs peuvent résulter d’une entreprise explicite (et intentionnelle) de rationalisation des rapports sociaux, mais ils peuvent également être le fruit d’expériences accumulées, de savoir-faire déployés en réponse à des problèmes pratiques, expériences et savoirs qui ont été progressivement objectivés et standardisés. S’interroger sur ces outils conduit à retrouver, au-delà des acteurs, de leurs représentations et de leurs intérêts, ce qui fait la substance des politiques.

Que savons-nous, par exemple, de la manière dont est construit un “ indicateur ” ou encore de la manière dont sont produites des données statistiques sur l’action en matière sociale ou territoriale ? D’où viennent les procédures de consultation mises en œuvre dans ces secteurs d’intervention ? Comment sont établies les “ normes de qualité ” des systèmes d’évaluation ? Et les seuils d’exposition à un risque social ? Comment s’établit concrètement un contrat entre différents partenaires, publics et privés, dans ce secteur d’activité ? Comment se fixe le recours aux formes d'expertise et aux procédures de concertation dans la production des politiques sociales ? Quels types de territoires façonne et requiert l'engagement des politiques publiques (politiques urbaines, contractualisation des politiques, négociation multi-acteurs et multi-niveaux, etc.) ? Quels modes de régulation politique des tensions sociales et de construction des formes contemporaines de solidarité leur sont sous-jacents ? Voilà quelques questions qui permettent d’illustrer la nature des préoccupations de ce Cluster, des questions pleinement inscrites dans ce deuxième appel d’offre.

C’est l’occasion de rappeler le fil directeur de cette programmation de recherche. Si les phénomènes d’exclusion semblent bien connus (de nombreux travaux, rapports d’enquêtes et témoignages de terrain, en France et à l’étranger, permettent depuis des années d’en apprécier l’ampleur) les explications individuelles et institutionnelles de l’exclusion sont loin d’être suffisamment reliées les unes aux autres. Faute d’une approche d’ensemble des réalités qui permettrait de prévenir de probables évolutions et d’aider au mieux les choix publics. Faute aussi d’analyses qui visent à comprendre les phénomènes d’exclusion comme combinaisons d’inégalités sociales, de comportements subis ou choisis, et de processus institutionnels discriminants. Ces explications ne sont pas simples à aborder et surtout à rapprocher dans un même modèle d’analyse. Elles varient considérablement d’une population à une autre (en fonction de multiples critères sociaux et de la diversité des parcours individuels et familiaux), d’un territoire à un autre (territoires de solidarités formelles et informelles, de droits et de non droits, …), d’un secteur d’action publique à un autre. De ce point de vue, le manque de vue d’ensemble est grand en ce qui concerne les relations entre situations socio-économiques individuelles, vécus et choix personnels, choix de politiques et fonctionnements de dispositifs. Or, la lutte contre l’exclusion ne peut se suffire d’un seul niveau d’explication ; sa préparation dépend fortement de la prise en compte des types d’existence, des capacités à agir des individus, des logiques propres aux intervenants.

Recherche et action

Ce projet a ainsi une double dimension, à la fois scientifique et appliquée, puisqu’il cherche à développer une approche de l’exclusion qui intègre son explication dans l’étude des politiques destinées à lutter contre elle, et à proposer des éléments utiles pour des visées correctrices en termes de méthodes d’observation, d’évaluation et d’impact. Cette démarche n’est évidemment pas exclusive d’autres objectifs propres à chaque programme. Elle représente seulement un cadre général de finalités par rapport auxquelles ce projet souhaite apporter une contribution utile à la Région en se situant un peu à l’instar d’autres dispositifs de recherche (par exemple en santé publique) dans un “ rôle sentinelle ”.

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